Conseils de psy pour survivre en famille recomposée

image d'une femme avec 2 jeunes garçonsNos modèles familiaux ont complètement éclaté au cours des 30 dernières années. Nos modèles de rôle considérés comme des repères importants ne tiennent donc plus la route. De ces nombreux changements résulte l’émergence de la famille recomposée.

Famille recomposée : quelques statistiques

Selon Mme Saint-Jacques, travailleuse sociale et chercheuse à l’École de service social de l’Université Laval, le pourcentage des familles recomposées est passé de 5 % à 12,4 % au cours des 20 dernières années. Et leur nombre augmentera, prédit Mme Saint-Jacques.

En effet, même si le taux de séparation est stable à environ 50 % depuis plusieurs années, les séparations se produisent de plus en plus tôt. D’ailleurs, la plupart des séparations se produisent au cours des 7 premières années de la vie du couple.

Or, plus les parents séparés sont jeunes, plus il y a de chance de reformer une nouvelle famille. De nos jours, les enfants appartiennent souvent non pas à une, mais à deux familles recomposées, celle du père et celle de la mère.

Deux types de famille recomposée : dans lequel vous situez-vous?

Simple et complexe

Ce n’est jamais vraiment simple d’être en famille recomposée. Par contre, il existe deux types de famille recomposée. La famille recomposée simple ne compte à la maison que les enfants d’un des conjoints.

Quant à la famille recomposée complexe, celle-ci recouvre trois types de composition familiale, soit les suivants :

  • l’un des conjoints seulement a un enfant dont la naissance est survenue avant la relation actuelle, et au moins un enfant est commun au couple;
  • chacun des conjoints a un enfant dont la naissance est survenue avant la relation actuelle, et aucun enfant n’est commun au couple;
  • chacun des conjoints a un enfant dont la naissance est survenue avant la relation actuelle, et au moins un enfant est commun au couple.

Les trois grandes difficultés de la famille recomposée

La famille recomposée, comme la famille traditionnelle, comporte plusieurs défis. Par contre, dans ma pratique de psychologue de couple, j’ai la chance de rencontrer plusieurs couples en famille recomposée et je peux vous affirmer que le niveau de complexité est beaucoup plus élevé. Voici quelques défis :

1) Une différence de style parental

On décrit environ quatre principaux styles parentaux : permissif, démocratique, autoritaire et distant. Le défi pour tout parent est de trouver un juste équilibre quant au niveau d’encadrement afin d’arriver à un cadre éducatif commun. Pour la famille recomposée, cette différence va souvent se traduire par la présence de deux modèles éducatifs à l’intérieur d’une même maison, c’est-à-dire que les enfants de l’un et les enfants de l’autre n’obéissent pas aux mêmes règles. Ceci laisse place à de nombreux conflits et à une scission à l’intérieur de la famille.

2) Conflit de loyauté de l’enfant

L’enfant veut être aimé de ses deux parents, y compris, et parfois surtout, de celui avec qui il ne partage pas l’essentiel de sa vie. L’enfant ne veut symboliquement pas trahir la mère ou le père absent en acceptant de nouer une relation chaleureuse, voire affectueuse, avec sa belle-mère ou son beau-père. Certains enfants s’imaginent qu’éprouver de l’amour pour un beau-parent revient à enlever de l’amour à son parent naturel. Pour se protéger de cette angoisse, l’enfant déploie alors des stratégies de rejet qui peuvent aller de la révolte à l’agressivité en passant par l’indifférence.

3) Conflit de loyauté d’un des parents

L’angoisse pour un parent de voir son enfant choisir à l’âge de 14 ans son autre parent biologique est parfois insupportable. En présence de cette angoisse, le parent va chercher à plaire à son enfant en évitant toute confrontation. Dans une situation de divergence avec le conjoint, le parent se range alors du côté de son enfant. Ce conflit de loyauté occasionne une dynamique de guerre de pouvoir entre le beau-parent et l’enfant. Cherchant sa place dans la famille, il n’est pas rare de voir un désengagement du beau-parent auprès de l’enfant.

Conseils de psy pour survivre en famille recomposée

1) Renforcer le lien avant d’imposer votre autorité

En tant que psychologue, je crois qu’il est primordial d’établir un lien d’attachement significatif avant d’introduire son autorité. Un lien d’attachement s’établit avec du temps et le partage de moments agréables. Si l’enfant ressent que l’on s’intéresse à lui, qu’il compte pour le beau-parent, il cherchera à entretenir ce lien. C’est à partir de cette relation positive que le beau-parent pourra ensuite établir des balises relationnelles et, par la même occasion, son cadre éducatif.

Pour François St-Père, psychologue de couple et auteur, avant de penser à établir son autorité, le beau-parent aurait avantage à s’investir avec l’enfant de son partenaire. Il est aussi souhaitable que le beau-parent puisse intervenir directement, mais adéquatement, auprès des enfants de son partenaire.

Selon Suzanne Vallières, il y a un truc infaillible : « On les gâte, on s’amuse avec eux, mais on ne s’occupe pas de leur éducation. » C’est au parent biologique de faire la discipline. « Si quelque chose dérange le nouveau conjoint, il doit en parler au parent biologique et seulement lorsque les enfants sont absents », précise Mme Vallières. Plus les enfants sont âgés, plus l’autorité revient au parent biologique.

2) Avoir le bon rythme

Présenter son nouvel amour à son enfant est un moment crucial pour établir les bases d’une famille recomposée. En effet, il faut être convaincu de la durabilité de cette nouvelle relation avant les présentations, car on risque d’exposer l’enfant à une nouvelle blessure d’attachement en cas de rupture.

Suzanne Vallières, psychologue et auteure, insiste sur l’importance d’y aller graduellement. Elle suggère de ne pas introduire de nouveau conjoint dans le quotidien des enfants durant l’année qui suit une rupture familiale.

Lorsque vous êtes convaincu d’avoir trouvé le bon partenaire, commencez par annoncer aux enfants que vous fréquentez quelqu’un. Par la suite, demandez aux enfants comment et où ils souhaiteraient rencontrer cette personne. L’important est de respecter le rythme des enfants. Pour ce faire, à chaque nouvelle étape, demandez aux enfants s’ils sont prêts à poursuivre l’intégration.

3) Créer un environnement sain

La communication est la base du succès de la recomposition familiale. Avant d’emménager ensemble, les nouveaux conjoints doivent parler de leurs valeurs et des règles qu’ils souhaitent établir dans la maison. Ils doivent aussi, dès le départ, identifier des moyens de communication à mettre en place en cas de divergence, ex. : se parler des divergences survenues durant la journée seulement le soir lorsque les enfants sont couchés. Ils doivent aussi déterminer les actions à prendre si les émotions deviennent trop intenses pour l’un ou l’autre des conjoints.

Ma dernière recommandation est de prendre du temps seul avec ses propres enfants. Ce moment est précieux pour les enfants, car il permet de renforcer le lien d’attachement principal et par la même occasion procure de la sécurité aux enfants sur le sens de leur place. Ces moments de qualité sont bénéfiques pour famille recomposée, puisqu’une fois rassuré sur sa place et sa valeur, l’enfant sera beaucoup plus ouvert à renforcer ses liens avec les autres membres de la famille recomposée.

Une spécialiste dans les conflits en famille recomposée est une bonne ressource pour vous accompagner. À la Clinique de Psychologie Québec, vous pourrez bénéficier des services de Suzanne Michaud. Mme Michaud saura vous accompagner vers ce rêve d’une famille recomposée unie et harmonieuse. Prenez rendez-vous dès maintenant!

 

Commenter

Votre adresse courriel ne sera pas communiquée.