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Comment reconnaître les signes d’épuisement professionnel (burnout)

Selon la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC)3, environ 25 % de la population canadienne serait aux prises avec une ou des problématiques de santé mentale reliées au travail. Avec la pandémie que nous vivons, cela pourrait bien aller en augmentant.

Vous sentez-vous épuisé émotionnellement face à votre travail ? Doutez-vous de l’importance de votre travail ou de votre contribution à celui-ci ? Avez-vous l’impression de trop vous y investir pour ce que vous en retirez ?

Si vous réagissez fortement en lisant ces questions, vous souffrez peut-être d’un syndrome d’épuisement professionnel, mieux connu sous le nom de burnout.

Dans le présent article, nous explorerons les sujets suivants liés à l’épuisement professionnel :

Nous espérons que cela vous permettra de mieux comprendre le syndrome d’épuisement professionnel et ce qui l’y conduit.

Ces questions sont tirées du Maslach Burnout Inventory1, un outil d’évaluation utilisé par les professionnels de la santé pour déterminer si un individu présente ou non un diagnostic d’épuisement professionnel.

Cette problématique, essentiellement liée au travail, mais pouvant affecter grandement la vie personnelle et sociale d’une personne, n’est pas considérée comme un trouble de santé mentale ou un trouble de la personnalité. C’est plutôt une situation de mal-être physique et mental liée au quotidien professionnel.

On peut la définir comme :

« Une combinaison d’épuisement émotionnel, de dépersonnalisation, et de faible sentiment d’accomplissement personnel causé par un stress chronique ou une insatisfaction au travail. »2

Les symptômes d’un épuisement professionnel sont nombreux et peuvent prendre différentes formes. Dans le quotidien du travailleur, cela se traduit notamment par :

une augmentation du taux d’absentéisme

une grande difficulté à donner son plein rendement

une démission

Ces manifestations ne sont pas nécessairement le signe d’un burnout. En effet, d’autres problématiques comme une dépression ou un trouble anxieux peuvent aussi affecter la sphère professionnelle.

Femme portant un masque qui semble épuisée - Comment reconnaître les signes d'épuisement professionnel (burnout) - Blogue | Clinique de Psychologie Québec

Suis-je à risque de faire un burnout ?

Comme mentionné précédemment, l’épuisement professionnel est souvent causé par un stress chronique ou une insatisfaction au travail. Par leur nature, certains emplois génèrent plus de stress et d’anxiété que d’autres. L’inconfort peut également provenir du manque de confiance de notre patron ou d’un conflit avec un collègue.

Identifier les facteurs de stress présents dans son environnement de travail est la première étape pour déterminer si l’on est à risque de développer un syndrome d’épuisement professionnel.

5 facteurs de stress pouvant mener au burnout

1 | Surcharge de travail

Très répandue dans notre société, la surcharge de travail 3 peut se traduire par un volume trop élevé de travail ou des tâches qui dépassent nos compétences.

La surcharge qualitative est liée au fait d’avoir des tâches qui sont trop complexes à effectuer. Dans cette situation, le risque n’est pas dans le nombre de choses à faire, mais dans la difficulté qui est reliée aux tâches de l’emploi.

La surcharge quantitative réfère au fait d’avoir trop de tâches sous sa responsabilité, peu importe qu’elles soient simples ou complexes. L’impression d’en avoir toujours trop sur les épaules est un facteur de risque.

2 | Sous-charge de travail

Parfois, le fait de ne pas avoir assez de travail à faire conduit à un manque de motivation. La personne ne se sent pas utile et trouve les journées longues. Cela occasionne une certaine perte de sens et une insatisfaction qui peuvent conduire au désengagement au même titre que la surcharge de travail. Comme le dit l’expression : en faire trop, c’est comme ne pas en faire assez !

3 | Manque de soutien et de reconnaissance de l’employeur

Vous arrive-t-il de vous dire que vos accomplissements ne sont pas reconnus à leur juste valeur ? Ce sentiment, s’il se généralise, représente un facteur de risque. En effet, le manque de reconnaissance cause un détachement émotionnel et une perte de sens dans l’accomplissement des tâches quotidiennes. Le sentiment de ne pas être écouté ou reconnu à sa juste valeur au travail peut augmenter les risques de faire un burnout.

4 | Manque de confiance et d’autonomie

Vos idées sont-elles prises en compte au travail ? Est-ce que vous bénéficiez d’une certaine latitude dans l’accomplissement de vos tâches ? Le fait de ne pas pouvoir effectuer une tâche de la manière qu’on perçoit comme la plus efficace peut augmenter l’insatisfaction au travail et causer des frustrations qui viennent augmenter les risques d’épuisement professionnel.

5 | Relations professionnelles tendues

Être victime de harcèlement psychologique ou d’intimidation physique ou émotionnelle dans son milieu de travail contribue grandement au développement de problématiques de santé mentale. En plus d’être difficiles à vivre sur le moment, ces conflits, lorsqu’ils perdurent, engendrent un stress quotidien difficile à supporter à long terme.

Ces facteurs psychosociaux ne sont que quelques exemples des sources de stress et d’insécurité qui peuvent survenir en milieu de travail. Le manque d’ouverture de l’employeur au niveau de la conciliation travail-famille, le manque de consignes claires, la précarité d’emploi et les horaires atypiques (travail de nuit ou en alternance jour/nuit) figurent aussi parmi les facteurs à considérer.

Homme recevant les critiques d'un supérieur au travail - Comment reconnaître les signes d'épuisement professionnel (burnout) - Blogue | Clinique de Psychologie Québec

Comment s’exprime cette détresse grandissante dans le quotidien ?

L’humain a une bonne capacité d’adaptation à son environnement. C’est donc la surexposition à un stress sur une longue période qui amène une personne à développer un syndrome d’épuisement professionnel.

Avant d’en arriver au diagnostic de burnout, la personne traverse différentes étapes de détresse psychologique. Le modèle le plus utilisé pour expliquer ce processus est le syndrome général d’adaptation développé par Hans Selye dans les années 1950.

Le modèle de Selye4 comprend 3 phases pendant lesquelles l’individu lutte contre un ou des éléments stressants dans son environnement professionnel.

Phase 1 | L’alarme

Lors de cette phase, la personne identifie des éléments stressants dans son environnement, se prépare à les affronter et à y faire face.

Dans son milieu de travail, elle :

Est en mode solution

Propose des idées à son supérieur

Se montre proactive pour gérer la situation

Face à l’ignorance, à des refus répétés, ou si la situation problématique perdure, la personne peut se braquer, ressentir de la frustration. Sans s’en rendre compte, elle mobilise alors ses énergies pour résister au stress grandissant.

Phase 2 | La résistance

Dans cette phase, l’individu choisit d’affronter le stress, de le combattre. Il y consacre donc beaucoup d’énergie quotidiennement. Cette période est très exigeante émotionnellement et psychologiquement étant donné qu’elle met la personne en position de lutte contre le stress et la difficulté vécue.

Dans son milieu de travail, elle :

Ressent négativement le fait que ses idées ne soient pas considérées

Ne voit pas d’autre solution que celle d’endurer et de continuer à travailler

Est passive et fataliste par rapport à ce qui lui arrive

Cette phase est très exigeante physiquement. On la considère comme la phase de « travail du corps » en ce sens que l’individu s’efforce de répondre aux exigences de son emploi (assiduité, efficacité, bonne humeur, initiative) malgré le stress et l’insatisfaction qui grandissent en lui. Il résiste donc émotionnellement en cachant aux autres et à lui-même ses véritables sentiments et les difficultés qu’il vit. Il résiste psychologiquement en continuant à faire ses tâches malgré la pression et la détresse associées.

« C’est cette résistance quotidienne continue qui mène la personne à l’épuisement. À force de résister, le corps s’affaiblit et n’arrive plus à faire le travail qu’on lui demande, d’où le fait qu’un arrêt de travail est souvent nécessaire ».

Phase 3 | L’épuisement

Lorsqu’une personne atteint cette phase, il est déjà trop tard. Elle n’a plus d’énergie pour combattre, alors elle rend les armes. Le corps et l’esprit sont à bout de souffle, on parle alors de syndrome d’épuisement professionnel ou de burnout.

Dans son milieu de travail, elle :

N’arrive plus à composer avec le stress ou la pression

Se sent épuisée physiquement, psychologiquement et émotionnellement

S’absente plus fréquemment, n’est plus capable de faire ses tâches habituelles

Ce modèle, combiné aux facteurs de risque présents dans le milieu de travail de la personne, permet de mieux comprendre comment on peut en venir à s’épuiser complètement pour des difficultés qui ne concernent de prime abord que notre environnement professionnel.

Femme découragée, au bord du burnout, de l'épuisement professionnel - Comment reconnaître les signes d'épuisement professionnel (burnout) - Blogue | Clinique de Psychologie Québec

Quels sont les signes annonciateurs d’un épuisement professionnel ?

Lorsque l’épuisement professionnel nous gagne, c’est notre être tout entier qui en souffre. Les conséquences de cette grande fatigue peuvent se ressentir à différents niveaux, tant physiquement, qu’à l’intérieur de nous ou dans nos relations avec les autres.

Pour conclure à un diagnostic d’épuisement professionnel, il n’est pas nécessaire que ces trois sphères soient impactées. En fait, la façon de ressentir et de vivre cette souffrance est personnelle à chacun.

Voici quelques exemples des manifestations possibles.

Conséquences physiques

On parle de conséquences physiques lorsque la personne développe des problèmes corporels, quelle qu’en soit la nature :

Difficultés à dormir, insomnie et fatigue chronique

Douleurs au dos, à la nuque

Maux de tête fréquents, nausées et vertiges

Prise de poids soudaine

Problèmes cardiovasculaires (ex. : insuffisance cardiaque, hypertension, anévrisme)

Troubles musculosquelettiques (ex. : arthrite, arthrose, bursite, tendinite, syndrome du tunnel carpien)

Conséquences psychologiques

Ce type de conséquence est plutôt d’ordre mental et se manifeste généralement par des changements d’humeur marqués :

Sentiment de déprime similaire à la dépression

Irritabilité marquée, impatience accrue

Sentiment d’incompétence

Perte de confiance en soi, anxiété, inquiétude, insécurité et indécision

Pensées suicidaires, confusion

Manifestation de signes annonciateurs de troubles de la personnalité (ex. : dépersonnalisation, déréalisation, délire)6

Conséquences comportementales

Ces conséquences se remarquent dans les comportements que la personne adopte et son attitude générale en société, que ce soit dans sa vie personnelle, sociale ou professionnelle.

Isolement social

Agressivité, violence

Baisse de l’empathie caractérisée par un détachement face au travail

Apparition de dépendances (ex. : alcool, cigarette, drogues synthétiques)5

Absentéisme, manque de concentration et de productivité au travail

Ce modèle, combiné aux facteurs de risque présents dans le milieu de travail de la personne, permet de mieux comprendre comment on peut en venir à s’épuiser complètement pour des difficultés qui ne concernent de prime abord que notre environnement professionnel.

Épuisement professionnel et dépression : Quelle différence?

Peu de choses distinguent l’épuisement professionnel et la dépression. En fait, le burnout est une forme de dépression qui découle du milieu de travail. La dépression quant à elle est plus générale et peut prendre naissance dans les différentes sphères de vie de la personne.

Bien sûr, la dépression peut engendrer un burnout et un burnout peut se transformer en dépression.

Les causes, les symptômes et les conséquences étant similaires, il est difficile de tracer une ligne entre les 2 problématiques.8 Il appartient donc au médecin d’établir le bon diagnostic et aux thérapeutes, de bien cerner les éléments stressants pour aider la personne à surmonter ses difficultés.

Pour toutes ces raisons, l’épuisement professionnel est souvent considéré comme la dépression du travailleur.

Vous croyez faire un burnout ou une dépression? Prenez rendez-vous avec un thérapeute
Jeune fille vivant un épuisement professionnel, un burnout, soutenue par sa mère - Comment reconnaître les signes d'épuisement professionnel (burnout) - Blogue | Clinique de Psychologie Québec
Homme atteint d'épuisement professionnel (burnout) soutenu par sa conjointe - Comment reconnaître les signes d'épuisement professionnel (burnout) - Blogue | Clinique de Psychologie Québec

Comment cette épreuve se vit-elle pour les proches?

Aider un conjoint, un parent ou un ami qui est épuisé demande beaucoup de compassion et d’empathie. Si la situation perdure ou demande une assistance continuelle et soutenue, il peut arriver que le proche aidant développe ce que l’on appelle une « fatigue de compassion ».

La fatigue de compassion se caractérise par un état d’épuisement et de dysfonctionnement biologique, psychologique et social qui résulte d’une exposition prolongée au stress compassionnel et ce qu’il évoque.7

Autrement dit, à trop s’investir dans le rétablissement de l’autre, la personne s’épuise et dévie de son objectif. Il est alors plus difficile pour elle d’être compatissante et disponible. Lorsque de tels symptômes apparaissent, il vaut mieux se retirer temporairement, prendre du temps pour soi ou demander à quelqu’un d’autre de prendre le relais, sans quoi on risque de développer à son tour un trouble psychologique.

L’inquiétude fait également partie du quotidien des personnes malades et de leur entourage. Devant l’ampleur de la situation, la plupart craignent de ne jamais retrouver leur vie d’avant, ce qui peut générer de l’anxiété et exacerber les difficultés vécues par l’entourage.

La famille proche est souvent très affectée par la situation, car une certaine lourdeur affecte l’ambiance de la maison et le train-train quotidien, ce qui met à risque la relation familiale ainsi que la relation plus intime de couple.

Aider sans s’épuiser

L’inquiétude, l’anxiété et la fatigue de compassion sont plus fréquentes qu’on le pense dans l’entourage des personnes qui souffrent d’épuisement professionnel.

Se mettre à risque ne fait pas progresser la situation, elle ne fait que retarder le rétablissement commun. C’est pourquoi il peut être aussi raisonnable pour le proche que pour la personne en situation d’épuisement d’aller chercher du soutien.

Rappelez-vous qu’il n’y a pas de mauvaise raison pour faire appel à un professionnel lorsque l’on en ressent le besoin !

Faire appel à un professionnel
Homme recevant les encouragement de son patron au travail - Comment reconnaître les signes d'épuisement professionnel (burnout) - Blogue | Clinique de Psychologie Québec

Le rôle de l’employeur dans la santé psychologique au travail

Les employeurs ont le devoir d’offrir à leurs employés un environnement de travail sain. Cela commence par une formation adéquate et un accompagnement dans les compétences à acquérir. Mais, cela se ressent également dans les efforts que les patrons ou les chefs d’équipe déploient au quotidien pour prendre le pouls du moral des troupes, souligner les bons coups, réitérer leur ouverture et leur disponibilité, etc.

Au jour le jour pourtant, la valeur du capital humain se perd souvent au profit des indicateurs de performance, des réunions qui se succèdent et des projets qui s’empilent. C’est bien connu, les gestionnaires n’ont pas assez d’heures dans une journée pour suffire à la tâche. Consacrer temps et énergie à la reconnaissance et au développement du potentiel de nos employés peut alors sembler superflu et être remis au lendemain, puis au lendemain, et au lendemain encore, jusqu’à tomber dans l’oubli.

Le télétravail présente un défi additionnel pour les employés. L’isolement des autres membres de l’équipe se ressent davantage et il est aisé de multiplier les heures supplémentaires pour arriver à tout faire ou pour répondre aux attentes d’un gestionnaire exigeant.

« Comme société, nous ne pouvons plus ignorer les besoins psychologiques des travailleurs. Les entreprises qui le souhaitent peuvent jouer un rôle important pour prévenir l’épuisement de leurs employés ».

Le monde professionnel n’est malheureusement pas très bien outillé pour agir en ce domaine. Et pourtant, comme en témoignent les travaux de Caroline Biron9, professeure en administration à l’Université Laval et directrice du Centre d’expertise en gestion de la santé et de la sécurité du travail, la santé psychologique des employés d’une entreprise est vraiment meilleure lorsque celle-ci en fait une priorité, une VRAIE priorité, à égalité avec la productivité.

Ce concept, issu des travaux de Maureen F Dollard10, professeure à l’Université de South Australia, s’articule autour de quatre facteurs :

L’engagement de la direction

La priorité accordée à la santé psychologique

La communication ouverte

L’implication : ressources, temps et énergie

Employeurs, faites appel à des spécialistes

De plus en plus d’entreprises se spécialisent dans le développement organisationnel à l’échelle humaine. Les employeurs peuvent donc faire appel aux services d’équipes multidisciplinaires pour revoir leur organisation du travail tout en misant sur le développement des personnes et des équipes. En plaçant l’humain au cœur de leurs interventions, les organisations mettent de leur côté toutes les chances d’être attractives, compétitives et prospères.

Femme qui rencontre une thérapeute pour son burnout - Comment reconnaître les signes d'épuisement professionnel (burnout) - Blogue | Clinique de Psychologie Québec

Le suivi psychologique est-il utile pour traiter l’épuisement professionnel ?

En situation d’épuisement professionnel, être accompagné par un professionnel en santé mentale peut s’avérer très bénéfique. Bien que les objectifs à atteindre varient d’un individu à un autre, le but de la thérapie est de permettre à la personne de retrouver son bien-être et l’équilibre dans sa vie.

3 bénéfices d’une thérapie pour la personne qui vit un burnout

1 | Un espace neutre pour s’exprimer librement

Le soutien psychologique permet à l’individu d’avoir une place pour s’exprimer en toute sécurité, sans s’inquiéter de blesser quelqu’un ou de briser les relations avec ses proches. Le soutien lui permet aussi de prendre un temps d’arrêt dans sa vie afin de mieux comprendre la situation dans laquelle il se trouve.

2 | Une occasion de faire le bilan

Ce temps d’arrêt est aussi une occasion unique pour la personne de remettre ses pendules à l’heure, de se rappeler ce qu’elle aime, et quels sont ses objectifs de vie. Parfois, un épuisement professionnel nous fait perdre de vue ce qui compte réellement pour nous. Revisiter ces aspects permet de retrouver de l’intérêt pour ce qui nous passionnait auparavant.

3 | Dénouer les enjeux du milieu de travail

Le suivi psychologique permet aussi à la personne d’être accompagnée pour essayer de comprendre ce qui l’irrite et l’affecte dans son milieu de travail. En apprenant à mieux se connaître et à fixer ses limites, elle repositionne sa zone de confort et se donne les moyens de trouver des ressources pour développer ses compétences. La thérapie lui permet de mettre en perspective les tâches et les responsabilités qui lui sont confiées, de recréer un lien social avec une personne extérieure et favorise la discussion sur son milieu de travail.

Concrètement, comment cela se passe-t-il avec le thérapeute?

Tout suivi thérapeutique commence par l’établissement d’une relation de confiance entre le client et son thérapeute. Celui-ci vous invitera donc à parler de vous et de ce que vous vivez en toute transparence. Il vous expliquera à son tour son approche. Ensemble, vous ferez certains constats et il vous proposera des pistes de réflexion ou d’action, selon le cas.

De façon générale, pour traiter un syndrome d’épuisement professionnel en profondeur, il faut aborder la personne dans son ensemble et non se limiter aux problèmes du milieu de travail à l’origine du burnout.

Étape 1 | Le bilan professionnel

Le thérapeute cherchera à cerner votre identité professionnelle en vous questionnant sur votre parcours, vos formations, vos aspirations afin que vous puissiez vous réaliser et vous respecter davantage dans le cadre de votre travail.

Étape 2 | Le bilan personnel

La thérapie comprend un bilan des intérêts généraux qui permet au thérapeute de se faire une idée des raisons personnelles qui vous ont conduit à un épuisement dont les impacts se ressentent dans votre vie et votre quotidien. Ensemble, vous chercherez à identifier ce qui vous motive dans votre travail et les stratégies que vous avez l’habitude d’utiliser pour faire des choix professionnels. Il cherchera à déterminer ce qui vous a poussé à faire ces choix et explorera avec vous si ces choix respectaient vos intérêts et votre nature profonde.

Étape 3 | Le bilan psychologique

Le thérapeute évaluera également vos préférences de fonctionnement psychologique, c’est-à-dire vos forces et vos opportunités de développement. C’est l’approche d’acceptation et d’engagement qui est généralement utilisée pour comprendre quelles stratégies d’adaptation vous utilisez et pourquoi face aux impasses que vous rencontrez dans votre milieu de travail.

Étape 4 | Le bilan thérapeutique

Au regard de tout ce qui s’est discuté, de votre état de santé, de vos besoins et de vos valeurs, le thérapeute vous proposera de tester de nouvelles stratégies pour vous mettre en action. L’objectif de la démarche thérapeutique est habituellement d’accompagner la personne vers un retour au travail harmonieux. Néanmoins, lorsque la situation nécessite une réorientation de carrière, le thérapeute peut aussi vous guider dans vos recherches et vos démarches.

Épuisement professionnel ne signifie pas nécessairement arrêt de travail

Il est possible de continuer de travailler, même lorsque l’épuisement se fait sentir. Bien sûr, il faut pour cela adapter ses tâches : réduire ses heures de travail, demander un allègement de tâches, travailler de la maison, etc. Être à l’écoute de soi et de son corps peut permettre de désamorcer une situation problématique sans avoir à s’isoler.

C’est aussi le moment idéal pour consulter un thérapeute, car même si aucun médecin n’a posé de diagnostic officiel, ce dernier peut l’aider à cheminer dans cette épreuve à partir des symptômes et besoins décrits.

Faire appel à un professionnel qualifié

À retenir…

L’épuisement professionnel, mieux connu sous le nom de burnout, est une maladie plutôt fréquente dans la population adulte canadienne.

Elle est bien connue des professionnels de la santé qui peuvent proposer différentes options de traitements éprouvés.

Les signes annonciateurs sont des signaux d’alarme du corps qui réclame un changement.

Recevoir un soutien psychologique est un moyen efficace de vaincre durablement la maladie.

Si les symptômes sont pris en charge rapidement, il est possible de prévenir l’épuisement.

Le burnout n’est pas la fin d’une vie normale, mais bien le commencement d’une nouvelle étape. Par-delà la souffrance se trouve une vie plus enrichissante et plus harmonieuse, dans laquelle vos choix découlent de vos valeurs, vos intérêts et vos objectifs.

Portez-vous bien !

Vous sentez le besoin d’être accompagné par un professionnel ? Faites appel à un thérapeute spécialisé
Références :
  1. Maslach, C. & Jackson, S. E. (1981). The measurement of experienced burnout. Journal of Occupational Behaviour, 2, 99-113. https://doi.org/10.1002/job.4030020205.
  2. Maslach C, Jackson SE, Leiter MP. Maslach Burnout Inventory Manual. 4th ed. Mind Garden Inc; 2016.
  3. Gouvernement du Québec. (25 octobre 2018). Le travail et la santé mentale. Commission de la Santé Mentale du Canada. https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-mentale/le-travail-et-la-sante-mentale/
  4. Selye, H. (1951). The General-Adaptation-Syndrome. Annual Review of Medicine, 2(1), 327-342. https://doi.org/10.1146/annurev.me.02.020151.001551
  5. Direction Générale du Travail. (Mai 2015). Le syndrome d’épuisement professionnel ou burnout — Mieux comprendre pour mieux agir (DGT Édition #15-045). Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), Institut National de Recherche et de Sécurité. https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/Exe_Burnout_21-05-2015_version_internet.pdf
  6. Optima Santé Globale. (2013). Document de référence — L’épuisement professionnel. SSQ Groupe Financier. https://ssq.ca/sites/default/files/archives/ac/Chroniques_sante/epuisement_professionnel.pdf
  7. Lynch, S. H. & Lobo, M. L. (2012). Compassion fatigue in family caregivers: a Wilsonian concept analysis. Journal of Advanced Nursing, 68(9), 2125-2134. https://doi.org/10.1111/j.1365-2648.2012.05985.x
  8. Schonfeld, I.S. & Bianchi, R. (2016). Burnout and Depression: Two Entities or One? Journal of Clinical Psychology, 72(1), 22-37. https://doi.org/10.1002/jclp.22229
  9. Perras, Alexandre, Urbania. Votre employeur en fait-il assez pour preserver votre santé mentale?. 19 juin 2020. https://quatre95.urbania.ca/article/votre-employeur-en-fait-il-assez-pour-preserver-votre-sante-mentale
  10. Dollard, Maureen F., Dorrmann, Christian, Awang Idris, Mohd, Psychosocial Safety Climate. A New Work Stress Theory, 2019

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