Qu’est-ce que le TDAH?

Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble neurologique qui touche 5 % des enfants et 2,5 % des adultes.

Le neuropsychologue Benoit Hammarrenger le décrit comme étant un « retard de la maturation spécifique des aires frontales du cerveau ». On en entend beaucoup parler, car le système éducatif tel que nous le connaissons fait très souvent appel aux fonctions exécutives. Lorsqu’elles sont déficitaires, cela a un effet direct sur la performance scolaire.

Les fonctions exécutives sont un ensemble de capacités parmi lesquelles on retrouve :
  • L’inhibition, soit la capacité à résister aux éléments distracteurs, refouler une réponse attendue ou un commentaire qui traverse l’esprit. Elle est souvent comparée à un filtre ou un frein.
  • La flexibilité, soit la capacité à passer d’une tâche à une autre, à s’adapter à la nouveauté.
  • L’organisation, soit la capacité à organiser une séquence d’actions dans un ordre précis afin d’atteindre un but, établir des priorités et anticiper les résultats d’une tâche.
  • Le raisonnement, soit la capacité à établir des relations entre des situations qui ne sont pas liées de manière évidente.
  • Le jugement, soit la capacité à évaluer la meilleure alternative face à un problème en fonction des buts à atteindre, des valeurs et des règles sociales. Cette capacité permet de prendre des décisions appropriées et d’adopter des comportements adaptés aux situations.
  • L’autocritique, soit la capacité à évaluer convenablement ses propres capacités et ses comportements et à être conscient de ses forces et de ses difficultés.

Le TDA, avec ou sans « H »

Le TDAH peut s’exprimer de 3 façons différentes :
  • avec une prédominance de l’inattention : la personne présente de grandes difficultés à maintenir son attention
  • avec une prédominance de l’hyperactivité ou de l’impulsivité: la personne a beaucoup de difficultés à se contrôler
  • de manière combinée: la personne a de la difficulté à maintenir son attention et à se contrôler

Les conséquences positives et négatives du TDAH

Selon la Dre Diane Dulude, psychologue et auteure du livre TDAH, une force à rééquilibrer, le TDAH comporte certains avantages .

On parle beaucoup des problèmes qu’entraîne le fait d’être atteint d’un TDAH, car ils ont un impact direct sur la performance scolaire et les comportements en société. Or, les personnes atteintes de ce trouble ont souvent des personnalités attachantes et créatives. On dit d’eux qu’ils sont originaux et uniques parce qu’ils entrevoient le monde sous un angle différent, qu’ils pensent « à l’extérieur de la boite ». Cette capacité naturelle à créer et à innover se développe souvent naturellement chez les enfants qui ont un TDAH. Une fois rendus à l’âge adulte, cette faculté en fait des candidats de choix pour plusieurs entreprises d’avant-garde.

Malgré cela, le TDAH amène son lot de conséquences négatives sur la vie des enfants qui en souffrent :
  • difficultés scolaires ou résultats insuffisants
  • retards importants dans des matières scolaires fondamentales telles que la lecture, l’écriture, l’expression orale, le calcul, etc.
  • difficultés à réguler ses émotions
Ces problèmes, vécus de façon répétée malgré les efforts fournis, entraînent souvent :
  • des tensions dans les relations sociales et familiales
  • un manque de confiance en soi
  • une faible estime de soi
  • de l’anxiété

Comment puis-je aider mon enfant ?

Plusieurs traitements médicamenteux sont disponibles sur le marché pour traiter le TDAH. Cela permet de réguler les fonctions exécutives de l’enfant de façon temporaire, afin notamment de faciliter son parcours scolaire.

Les fonctions exécutives des enfants atteints d’un TDAH continuent de se développer pendant la croissance. Toutefois, des études tendent à démontrer que le déficit des fonctions exécutives ne se résorbe pas totalement à l’âge adulte s’il n’est pas traité.

Les dernières avancées en neuroscience ont démontré que certaines fonctions du cerveau humain étaient façonnables et par conséquent, capables d’adaptation. Ce phénomène, appelé plasticité cérébrale ou neuroplasticité, signifie que les neurones se transforment et réorganisent leurs connexions pour s’adapter à leur environnement en fonction des apprentissages que la personne fait et des expériences qu’elle fait.

Ces recherches sèment un vent d’espoir, car elles permettent de croire que l’enfant ainsi que son environnement pourraient avoir un pouvoir sur l’amélioration des symptômes, et ce, de façon permanente.

Que pensent les scientifiques d’un traitement par la neuroplasticité ?

Comme le démontrait la revue Psychologie Québec publiée en mars 2015, les dernières découvertes en neurosciences proposent un changement dans la façon d’envisager le TDAH. Il apparaît en effet qu’elles sont très prometteuses pour venir en aide aux enfants qui vivent avec le TDAH puisque la rééducation du cerveau pourrait permettre de contrer le trouble.

Cette rééducation viserait, entre autres :

  • l’amélioration générale des capacités cérébrales
  • l’amélioration des fonctions exécutives
  • l’amélioration du concept de soi
  • l’amélioration de la conscience émotionnelle

Selon R. Barkley et J. Dupaul, pionniers du TDAH qui travaillent depuis plus de 40 ans sur le sujet, la vie devient de plus en plus complexe et le cerveau a besoin d’être bien organisé pour contrôler l’ensemble des données externes et internes nécessaire à l’atteinte de buts. Chez les TDAH, cette capacité d’organisation est insuffisante pour faire face aux exigences du quotidien, il est donc nécessaire de le traiter.

Y a-t-il d’autres alternatives ?

Divers programmes de remédiation ont été développés pour améliorer les fonctions cognitives des enfants atteints d’un TDAH. Ces projets ont des résultats préliminaires prometteurs, du moins pour les enfants, car ils suggèrent une amélioration des capacités de contrôle.

D’autre part, la recherche en neuroéducation démontre que certains types d’intervention ont une incidence sur le cerveau. Certaines engendrent une réorganisation cérébrale, alors que d’autres entraînent la sollicitation d’aires de compensation, ce qui signifie que l’enfant utilise d’autres capacités pour compenser les déficits causés par le TDAH.

L’avenir est plus dégagé que jamais pour les personnes atteintes d’un TDAH !

Portrait de Claude Gaumond, psychologue à la Clinique de Psychologie QuébecClaude Gaumond, psychologue

Depuis 1987, il travaille à maximiser le potentiel cérébral des élèves en difficulté d’apprentissage. Il a notamment développé le programme Attention, concentration et compétence sociale avec une équipe de pédagogues de la Commission scolaire Barraute-Senneterre. Depuis 2018, il offre le programme TDAH Attention-Concentration, basé sur les récentes avancées en matière de neuroplasticité, à la Clinique de psychologie Québec.

Sources ayant servi à élaborer ce blogue :
  • Benoît Hammarrenger, L’opposition : ces enfants qui vous en font voir de toutes les couleurs.
  • Diane Dulude, TDAH une force à rééquilibrer
  • DSM 5
  • Revue de psychologie Québec (2015)
  • Guay et al. (2007)
  • Masson, S., (2013)
  • Martel et al (2016)