Qu’est-ce que le TDAH?

Le TDAH : Quand la neuroplasticité rime avec succès!

Les nouvelles recherches en neuroscience ont récemment démontré que notre cerveau est malléable, flexible et capable d’adaptation. Il serait non pas statique, comme on le croyait il y a 20 ans, mais plutôt capable de plasticité cérébrale ou de neuroplasticité. C’est à partir de ces nombreuses recherches ainsi que plusieurs années d’expérimentation qu’il est maintenant possible de réduire de façon significative les symptômes du TDAH en utilisant la neuroplasticité.

 

LE TDAH, c’est quoi ?

Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est un trouble neurologique qui touche 5% des enfants et 2,5% des adultes. Le neuropsychologue Benoit Hammarrenger le décrit comme étant un « retard de la maturation spécifique des aires frontales du cerveau ».

Ce retard de maturation implique que certaines fonctions puissent être déficitaires, en particulier ce que l’on appelle les fonctions exécutives.

Les fonctions exécutives sont un ensemble de capacités parmi lesquelles on retrouve :
  • L’inhibition: c’est la capacité à résister aux éléments distracteurs, inhiber une réponse attendue ou un commentaire qui traverse l’esprit, elle est souvent comparée à un filtre ou un frein
  • La flexibilité : c’est la capacité à passer d’une tâche à une autre, à s’adapter à la nouveauté
  • L’organisation: c’est la capacité à organiser une séquence d’actions dans un ordre précis afin d’atteindre un but, établir des priorités et anticiper les résultats d’une tâche.
  • Le raisonnement : c’est la capacité d’établir des relations entre des situations qui ne sont pas liées de manière évidente
  • Le jugement : c’est la capacité à évaluer la meilleure alternative face à un problème en fonction des buts à atteindre, des valeurs et des règles sociales. Ceci permet de prendre des décisions appropriées et d’adopter des comportements adaptés aux situations.
  • L’autocritique : c’est la capacité à évaluer convenablement ses propres capacités et comportements et à être conscient de ses forces et ses difficultés.

Le système éducatif tel que nous le connaissons fait très souvent appel aux fonctions exécutives, si elles sont déficitaires, cela aura un effet direct sur les performances scolaires.

 

Le TDAH peut s’exprimer de 3 manières différentes :

  1. Avec une prédominance de l’inattention (grandes difficultés à maintenir son attention)
  2. Avec une prédominance de l’hyperactivité/impulsivité (difficultés à se contrôler)
  3. De manière combinée (présence des comportements hyperactifs/impulsifs et d’inattention)

 

Les conséquences du TDAH

Selon la Dre Diane Dulude, psychologue et auteure du livre « TDAH, une force à rééquilibrer », le TDAH comporte certains avantages. Les personnes atteintes de TDAH sont en mesure de percevoir le monde sous un angle différent ce qui peut faire de ses personnes des êtres originaux et uniques. Cette fameuse pensée « à l’extérieur de la boite » que recherchent tant d’entreprises, ces jeunes la possèderaient souvent naturellement. « Ce processus créateur peut être positif ! », assure la psychologue.

Malgré ces avantages le TDAH amène sont lot de conséquences négatives sur la vie des enfants qui en souffrent :
  • Difficultés scolaires / faibles performances
  • Retards importants dans des matières scolaires fondamentales comme : la lecture, l’écriture, l’expression orale, le calcul, etc.
  • Difficultés à réguler ses émotions
  • Tensions dans les relations sociales et familiales
  • Manque de confiance en soi
  • Faible estime de soi
  • Anxiété

Ces difficultés ne semblent pas se résorber totalement à l’âge adulte, si elles ne sont pas traitées. Nous avons vu plus haut que notre cerveau est capable de s’adapter grâce à la neuroplasticité et que le TDAH résulte d’un retard de maturation de certaines régions du cerveau. On peut alors se questionner sur l’usage que l’on peut faire de la neuroplasticité pour traiter le TDAH.

 

Des traitements prometteurs

La revue de Psychologie Québec publiait en mars 2015 une revue de littérature sur le TDAH. Nous pouvions y lire que la recherche en neurosciences a connu des avancées substantielles en ce qui concerne la neuroplasticité́ du cerveau. Ces dernières découvertes proposent un changement dans la façon d’envisager le TDAH. Les recherches sur le cerveau, effectuées au cours des dernières années, sont effectivement très prometteuses pour venir en aide aux enfants qui vivent avec le TDAH : il apparait que le cerveau pourrait être rééduqué pour contrer le trouble.

Cette rééducation viserait, entre autres :
  • L’amélioration générale des capacités cérébrales
  • L’amélioration des fonctions exécutives
  • L’amélioration du concept de soi
  • L’amélioration de la conscience émotionnelle

 

Selon R. Barkley et J. Dupaul, des pionniers du TDAH qui travaillent depuis 40 ans sur le sujet, la vie devient de plus en plus complexe et le cerveau a besoin d’être bien organisé pour contrôler l’ensemble des données externes et internes nécessaire à l’atteinte de buts. Chez les TDAH, cette capacité d’organisation est insuffisante pour faire face aux exigences du quotidien, il est donc nécessaire de le traiter.

Pour venir en aide aux élèves atteints du TDAH, divers programmes de remédiation ont été développés pour améliorer leurs fonctions cognitives. Ces projets ont des résultats préliminaires prometteurs, du moins pour les enfants, car ils suggèrent une amélioration des capacités de contrôle.

Enfin, la recherche en neuroéducation montre que certains types d’intervention mènent à une réorganisation cérébrale, alors que d’autres types d’encadrements entrainent la sollicitation d’aires de compensation (ce qui veut dire que l’on utilise d’autres capacités pour compenser les déficits causés par le TDAH).

Ces recherches sèment un vent d’espoir car elles permettent de croire que l’enfant ainsi que son environnement pourraient avoir un pouvoir sur l’amélioration des symptômes, et ce, de façon permanente.

Depuis 1987, Claude Gaumond (psychologue à la Clinique de psychologie Québec) recherche des solutions pour favoriser la maximisation du potentiel cérébral des élèves en difficulté d’apprentissage. Il a notamment développé avec une équipe de pédagogues à la Commission scolaire Barraute-Senneterre, le programme Attention, concentration et compétence sociale (2003).

Depuis 2018, il propose le programme TDAH Attention-Concentration à la Clinique de psychologie Québec.

Spécialistes pouvant accompagner votre enfant vivant avec un TDAH:

Christhian Gourdes, travailleur social et coach familial

Claude Gaumond, psychologue

Isabelle Guay, psychologue

Sylvie Corneau, psychologue

Robert Rousseau, psychoéducateur

Sources ayant servi à élaborer ce blogue :
  • Benoît Hammarrenger, L’opposition : ces enfants qui vous en font voir de toutes les couleurs.
  • Diane Dulude, TDAH une force à rééquilibrer
  • DSM 5
  • Revue de psychologie Québec (2015)
  • Guay et al. (2007)
  • Masson, S., (2013)
  • Martel et al (2016)