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L’intimidation en milieu scolaire: comment la reconnaître et y mettre un terme

L’intimidation est un sujet longtemps resté sous silence et sur lequel l’attention publique et gouvernementale a été progressivement portée ces 2 dernières décennies. Son niveau de sévérité est maximal entre 10 et 14 ans.

Malgré la conscience de plus en plus grande de cette problématique chez les enfants, les parents et les professionnels de l’éducation, elle n’en demeure pas moins existante et parfois sans réponse. En 2012, le Canada était le 9e pays sur 35 étudiés où l’on retrouvait le plus d’intimidation chez les jeunes de 13 ans. Presque 1 parent sur 2 (47%) a affirmé qu’un de ses enfants a été victime d’intimidation.

Avec l’avancée des technologies, l’intimidation prend même des formes différentes et plus complexes via nos appareils électroniques (cyberintimidation). La cyberintimidation constitue actuellement la préoccupation la plus importante pour les enseignants canadiens comme élément nuisant à l’apprentissage.

L’intimidation : comment se définit-elle?

D’après la Loi sur l’instruction publique (art.13, paragraphe 1.1.), l’intimidation comporte: « Tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser ».

Dans cette définition on parle bien d’un comportement délibéré ou non, ce qui veut dire que l’intention de nuire n’est pas systématique. Ce comportement doit être répété et il peut être direct (exemple : frapper quelqu’un) ou indirect (exemple : la propagation de rumeurs). Cette loi évoque aussi l’inégalité dans le rapport de force (une personne face à plusieurs par exemple) et comme effet final une détresse physique ou psychologique chez la victime d’intimidation.

4 formes d’intimidation

Selon le Ministère Québécois de la famille, il existe 4 formes principales d’intimidation :

  1. L’intimidation physique qui consiste à frapper, contraindre, bousculer, faire trébucher, etc.
  2. L’intimidation verbale qui se caractérise par des insultes, moqueries, menaces, discriminations, etc.
  3. L’intimidation sociale qui implique lancer des rumeurs, dénigrer, humilier, exclure, etc.
  4. L’intimidation matérielle qui cherche à détruire, vandaliser, s’approprier les biens des autres, etc.

La cyberintimidation

En accord avec son temps, la loi inclue le cyberespace (internet, réseaux sociaux, messages texte, etc.) comme lieu où l’intimidation peut avoir lieu. On parle alors de cyberintimidation. La cyberintimidation comprend les actes et paroles qui vont être exprimés via les textos, les courriels, les sites Web, les blogs, les réseaux sociaux, les applications, etc.

Des exemples de cyberintimidation:

Ridiculiser quelqu’un sur les réseaux sociaux.

Menacer quelqu’un par texto.

Publier des photos/vidéos humiliantes.

Dans quels cas l’intimidation peut-elle constituer un crime?

L’intimidation est une affaire sérieuse et dans certains cas elle peut constituer un crime.

C’est le cas s’il y a :

des menaces de proférées

de la violence physique

des rumeurs malveillantes

du vol ou du bris

du harcèlement criminel

de la distribution d’images ou vidéos intimes

de l’incitation à la haine

Profils à risques : Qui intimide? Qui risque d’être intimidé?

Les personnes qui intimident

Il n’existe aujourd’hui pas de profil particulier en ce qui concerne les personnes qui intimident les autres. Étant donné que les formes d’intimidation sont variées, l’intimidateur ne peut se résumer à un stéréotype d’un jeune plus grand et fort que les autres. Un enfant qui intimide peut avoir un comportement problématique à l’école sans que ce soit le cas à la maison.

8 signes qui permettent d’identifier les intimidateurs

En revanche, le Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec a identifié des signes qui peuvent permettre de repérer l’auteur(e) d’actes d’intimidation :

  1. Le besoin de dominer, d’avoir un statut de meneur dans un groupe
  2. Le manque d’habiletés relationnelles
  3. La croyance que la violence permet de résoudre un conflit
  4. Penser que les autres ont des intentions hostiles sans que ce ne soit le cas
  5. Être impulsif/impulsive
  6. Le fait de manquer d’empathie, ne pas être sensible à la détresse des autres
  7. Se sentir inférieur (du fait par exemple de mauvais résultats scolaires)
  8. Donner une fausse image de confiance en soi

 

Être auteur(e) d’intimidation n’est pas un comportement qui dure nécessairement dans le temps, il se peut même que ces personnes puissent être intimidées à leur tour.

Les personnes intimidées

Plusieurs études ont permis de mettre en avant des facteurs de risque qui peuvent mener des personnes à subir de l’intimidation, en fonction aussi du niveau scolaire.

Le genre et le niveau scolaire des personnes intimidées

Les garçons sont plus susceptibles de subir de l’intimidation directe

Le pic d’intimidation chez les garçons se trouve dans la 3e année du secondaire

Les filles sont plus susceptibles de subir de l’intimidation indirecte et de la cyberintimidation

Le pic d’intimidation chez les filles se trouve entre le primaire et le secondaire

5 caractéristiques personnelles des personnes qui se font intimider

  1. Ne pas se définir comme hétérosexuel engendre 3 fois plus de risques de subir de l’intimidation
  2. Avoir une faible estime de soi / confiance en soi
  3. Être introverti
  4. Appartenir à groupe ethnique ou culturel
  5. L’apparence (poids, handicap, etc.)

Ces éléments sont généraux et montrent principalement des caractéristiques spécifiques. Subir ou exercer de l’intimidation n’est pas réservé aux personnes possédant ces caractéristiques, c’est un problème qui peut tous nous toucher.

Les impacts de l’intimidation

Beatriz Castano, psychologue spécialisée en victimologie à la Clinique de Psychologie Québec, nous explique les impacts de l’intimidation:

« L’intimidation vécue durant l’enfance peut avoir des conséquences importantes dans la gestion des émotions, la confiance en soi mais aussi dans la confiance que l’on accorde aux autres. Elle peut parfois expliquer la présence de mécanismes de défense dans la relation aux autres, comme des réactions de colère. L’effet de l’intimidation est non négligeable car il peut demeurer présent sur le long terme et générer des problématiques. » Beatriz Castano, psychologue spécialisée en victimologie

Comment repérer l’intimidation? Que faire?

Un enjeu majeur de l’intimidation est de pouvoir la détecter : une étude menée au Canada montre qu’un enfant victime d’intimidation sur 2 ne le signalera pas à ses enseignants. Il est alors important d’être attentif aux changements qui peuvent avoir lieu dans le comportement des enfants.

7 signes qui indiquent qu’un enfant souffre d’intimidation

Réticence / refus d’aller à l’école

Baisse de la performance scolaire

Changement de comportement rapide

Repli sur soi

etc.

Marques (pour l’agression physique)

Déprime

Réseau social faible ou inexistant

Et maintenant? Les actions à prendre pour y mettre un terme

Que votre enfant subisse ou exerce de l’intimidation, il est important d’entrer en communication avec les différents acteurs de la situation : parents, équipe éducative, entraîneurs (en milieu sportif), etc.

En milieu scolaire par exemple, l’intimidation doit être signalée en premier lieu à la direction de l’école, et ce, même si elle a lieu sur un cyberespace comme les réseaux sociaux. S’il n’y a pas de réponse satisfaisante de la part de l’école, une plainte doit être adressée à la commission scolaire. Si à nouveau le problème n’est pas résolu, il faut faire appel au « Protecteur » de l’élève, désigné par la commission scolaire.

L’objectif est de pouvoir mettre fin le plus tôt possible à la dynamique en cours et ensuite comprendre ce qui l’a générée afin qu’elle ne se reproduise plus.

Vous croyez que votre enfant est victime d’intimidation?

Plus le lien de confiance est fort avec l’enfant, plus il est susceptible de communiquer spontanément s’il subit de l’intimidation. Si vous avez un doute et vous pensez que votre enfant souffre d’intimidation, il est important qu’il se sente en confiance et en sécurité pour qu’il puisse s’exprimer. L’enfant ne doit pas percevoir qu’il sera plus coûteux de parler que de se taire (risque d’être jugé, que la situation n’empire, etc.).

Vous croyez que votre enfant intimide les autres à l’école?

Il est aussi important de pouvoir repérer si votre enfant intimide les autres. La plupart du temps, cette information est rapportée par l’équipe éducative mais les éléments présents dans la section précédente peuvent aider à repérer si un risque est présent. S’il est avéré que votre enfant intimide les autres, il est important qu’il puisse exprimer ses raisons et qu’il sache que vous prenez la situation très au sérieux.

Pour conclure sur l’intimidation

Même si du chemin a été parcouru pour combattre et atténuer le phénomène d’intimidation en milieu scolaire, il demeure présent et le média des technologies le rend encore plus rapide et complexe. L’intimidation a de multiples répercussion qui vont jusqu’au suicide de certains jeunes. Il est donc primordial d’y être attentif et d’agir le plus tôt possible.

Dans les cas les plus forts d’intimidation, les victimes comme les agresseurs peuvent souffrir de diverses problématiques pouvant précéder ou suivre l’intimidation (difficulté dans la gestion des émotions, dans la relation aux autres, problématiques familiales, troubles d’apprentissage, psychopathologie), qui peuvent s’inscrire sur le long terme. Ces problématiques peuvent être complexes et nécessiter l’intervention d’un professionnel en psychologie.

Une psychologue spécialisée en victimologie peut accompagner votre enfant afin de comprendre et trouver une réponse adaptée aux problématiques présentes. À la Clinique de Psychologie Québec, vous pourrez bénéficier des services de notre psychologue Beatriz Elena Castano, Mme Castano a suivi une formation spécialisée en victimologie à l’Université de Montréal qui lui permet d’accompagner votre enfant vers son mieux-être.

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