Les bienfaits du silence et de l’inaction sur la santé psychologique

Les spécialistes vous le diront, il est essentiel de vivre des moments de silence et de tranquillité au quotidien pour être heureux. Pourquoi ? Comme l’affirme Thich Nhat Hanh dans son livre Les bienfaits du silence, « sans le silence, nous ne vivons pas l’instant présent et cet instant est notre meilleure chance de trouver le bonheur. » Pour voir clair en nous-mêmes et entretenir des relations nourrissantes avec les autres, nous avons besoin d’épurer notre esprit des mots et pensées qui s’y bousculent. Au même titre que les plantes ont besoin de lumière pour grandir, nous avons besoin de périodes de silence pour nous épanouir.

Consacrer du temps au silence, c’est aussi prendre du temps pour être à l’écoute de soi et vivre dans le moment présent.

Quels sont les bienfaits du silence ?

Selon Carl Gustav Jung, psychiatre reconnu mondialement, faire une place significative au silence dans notre vie permet de s’éveiller à notre moi profond et d’en découvrir les richesses :

  • Prise de conscience de ce qui vit au fond de soi : pensées, peurs, sources d’inspiration, etc.
  • Ancre dans le moment présent : vivre ici et maintenant, sans se soucier de ce qui est passé ou de ce qui va peut-être se produire
  • Éveil de l’intuition : développer son quotient intuitif pour trouver l’équilibre

ÊTRE dans un environnement silencieux et calme a plusieurs effets positifs sur la santé psychologique. Comme le mentionne le psychiatre Christophe André, prendre l’habitude du silence entraîne une diminution :

  • de la libération de cortisol (stress)
  • des manifestations cutanées du psoriasis
  • de l’intensité des douleurs chroniques
  • des ruminations anxieuses
  • des cycles dépressifs.

Cela permet également d’améliorer :

  • les affections du poumon (pneumopathies)
  • le sentiment de bien-être général
  • la capacité d’attention

Comment faire le silence en nous ?

Attention, il ne s’agit pas simplement de fermer le son de la télévision pour faire le silence à l’intérieur de soi. « Si notre esprit déborde de mots et de pensées, il n’y a pas d’espace pour le silence[1]. » Ainsi, pour accéder à son monde intérieur, il faut donc :

  • un environnement calme et tranquille : pour favoriser le recueillement
  • du temps devant soi : pour s’arrêter et ne rien faire
  • une pratique quotidienne : pour stimuler l’intuition et la conscience de soi, de ce qui est bon ou mauvais pour soi.

Silence et inaction vont donc de pair. Pour pouvoir ressentir les bienfaits d’une communication avec son monde intérieur, on doit les associer l’un à l’autre, dans le moment présent.

Quels sont les bienfaits de l’inaction ?

Les bienfaits d’une vie axée sur la contemplation plutôt que sur l’action sont défendus par plusieurs psychologues et philosophes de renom, notamment le philosophe Henry David Thoreau. Dans son essai La vie sans principes, ce dernier fait l’apologie de l’inaction en l’appuyant de résultats de recherches scientifiques et médicales. En outre, Thoreau prône un art de vivre fondé sur l’écoute de soi et la transformation intérieure pour contrecarrer l’envahissement de la société dans la sphère privée. Bien que datant de 1850, son propos est plus actuel que jamais au regard de l’omniprésence des écrans dans nos vies.

Dans la société d’aujourd’hui, prendre le temps de s’arrêter pour se ressourcer est un geste héroïque. Attention! Inertie ne signifie pas ennui, tout comme ne rien faire ne veut pas dire qu’on ne fait rien; c’est plutôt le contraire! Rester dans l’inaction, c’est s’offrir le luxe de vivre le temps qui passe en contemplant ce qui nous entoure plutôt qu’en cherchant à le meubler.

C’est prendre le temps de bien respirer et de savourer des yeux le paysage, les petites choses subtiles qu’on ne perçoit pas dans la course de tous les jours.

Concrètement, l’inaction permet d’ouvrir son esprit afin que les petites choses simples de la vie puissent devenir de grands moments de bonheur.

En accédant à son monde intérieur, on reconnecte avec son essence première. En nourrissant régulièrement son esprit d’une présence calme et authentique, on établit une véritable communication avec soi-même. Apparaissent alors clairement nos véritables priorités et non celles que la société souhaite qu’on endosse.

Comment y arriver ?

Occupés à courir comme nous le sommes, on peut trouver difficile de devoir s’arrêter. Une bonne façon d’y arriver est de laisser parler son cœur d’enfant. En effet, habitués à tolérer des périodes d’ennui, ceux-ci sont souvent plus habiletés que les adultes pour tirer profit du « maintenant ». C’est d’ailleurs pourquoi certains programmes de développement personnel et social misent d’abord sur eux pour inculquer une culture du moment présent.

Une bonne façon de « ne rien faire » est de profiter d’une période de temps libre pour s’asseoir dans un bon fauteuil, sans aucune stimulation extérieure, et tenter d’observer ses pensées de façon détachée, sans jugement. Ce faisant, vous prendrez davantage conscience de vos niveaux de tension et d’anxiété et pourrez ainsi mieux les comprendre et les apprivoiser.

Silence et inaction : une combinaison gagnante

Consacrer du temps au non-faire dans le silence, c’est prendre conscience de toutes les pensées provenant du QI, de toutes les émotions provenant du QE et de toute l’inspiration intuitive provenant du QS.

  • le quotient intellectuel (QI) : la matière grise du cerveau, le logement de l’intelligence rationnelle (ex. : 1 + 1 = 2).
  • le quotient émotionnel (QE) : l’intelligence du cœur, soit l’habileté à percevoir et à exprimer ses émotions, à les comprendre et à raisonner avec elles, de même qu’à les réguler, chez soi et chez les autres.
  • le quotient intuitif ou spirituel (QS) : l’intelligence du corps, étroitement liée au besoin fondamental de tout être humain d’agir en cohérence avec sa mission et de donner du sens à sa vie. Son développement assure une santé psychique.

À force de pratique, vous arriverez à transposer ces ressentis dans votre vie active. Il vous sera alors possible de faire des choix en cohérence avec votre essence profonde et de vous reconstruire en priorisant le mieux-être.

Régularité et assiduité sont les secrets de la réussite! Pour vous aider à vous lancer, vous pouvez mettre en application les 10 règles d’or décrites dans la page du programme Silence, on s’amuse!

Les bienfaits du silence et de l’inaction dans le Programme Silence, on s’amuse!

Conscientiser l’être humain aux bénéfices du non-faire est au cœur de notre démarche d’intervention. Nos programmes, Silence, on s’amuse! – Pour la famille et Silence, on s’amuse! – Pour les parents proposent une technique de centration progressive basée sur la mise en place d’une routine de jeux faite de moments de silence et de tranquillité, loin des écrans.

Chaque programme comprend 3 rencontres, à raison d’une rencontre chaque 2 semaines. Ils visent à aider les membres d’une famille à se retrouver en créant des liens significatifs entre eux et en agissant sur leur vie.

Voici 3 histoires vécues démontrant les effets bénéfiques d’une routine de silence et d’inaction mise en pratique dans le cadre de l’un de ces programmes.

Dans la famille d’Amélie et de Sébastien

Portrait
  • Amélie et Sébastien ont 3 enfants, soit 2 jeunes filles âgées de 7 et 9 ans, Rose et Sarah, et Adam, un garçon de 16 ans qui est autiste.
  • Le père est très occupé professionnellement.
  • La mère est à la maison.
  • Les filles fréquentent l’école primaire.
  • Le garçon va dans un centre spécialisé quelques fois par semaine. Le reste du temps, il demeure à la maison avec sa mère.
Bénéfices 2 semaines après la 1re rencontre :
  • Pour Adam : Les parents ont décidé, en collaboration avec leur médecin traitant, de baisser la médication du garçon.
  • Pour Rose : Pour la première fois de sa vie, Rose a dit spontanément à sa mère qu’elle l’aimait.
  • Pour la mère Amélie : Elle a accepté positivement sa responsabilité parentale envers son conjoint et ses enfants plutôt que la vivre comme une tâche ou un fardeau comme elle l’a toujours fait.
  • Pour le couple : Ils ont retrouvé leurs moments d’intimité ensemble sur le canapé. Ça faisait des années qu’ils ne s’étaient pas accordé de moments comme ceux-là.
Bénéfices 2 semaines après la 2e rencontre :
  • Pour Adam : Pour la première fois, il a pris l’initiative d’aider sa mère à préparer son déjeuner et sa collation. Il a passé 5 jours sans uriner au lit alors qu’avant, il urinait pratiquement chaque nuit. Il fait des marches chaque jour à l’extérieur de la maison.
  • Pour Rose : Elle dit maintenant plusieurs fois par jour à sa mère qu’elle l’aime. Elle communique davantage son besoin à partir d’elle-même.
  • Pour Sarah : Elle aussi a commencé à dire à sa mère qu’elle l’aime. Elle l’embrasse plusieurs fois au moment du coucher, ce qu’elle ne faisait pas auparavant.
  • Pour Rose et Sarah : Avant, elles s’endormaient avec de la musique douce. Maintenant, elles préfèrent le silence.
  • Pour le père Sébastien : Il est plus enjoué. Il a une meilleure complicité avec son fils. Il passe moins de temps devant la télévision.
  • Pour le couple:  Ils ont créé un petit moment d’intimité en se faisant un pique-nique intime. Ce sont des moments qu’ils ne prenaient plus pour eux avant.
  • Pour la mère Amélie : Elle prend maintenant des moments pour se reconnecter à elle-même. Elle se redécouvre comme femme, car depuis qu’elle est mère, il n’y a que ça qui compte. Pour décrocher, elle se fait plaisir en prenant des bains à la chandelle, en écoutant de la musique classique avec les écouteurs sur les oreilles. Elle a retrouvé le bonheur de manger en même temps que le reste de la famille. En faisant son exercice quotidien, elle écoute de la musique nouvel âge plutôt de la musique rythmée et entraînante.
Bénéfices 2 semaines après la 3e rencontre :
  • Pour Adam : Il urine au lit une nuit sur deux. Il s’agit d’un progrès de 50 % par rapport à la réalité d’avant.
  • Pour Rose et Sarah : Les filles ont apporté des changements positifs à leur cercle d’amies. Elles jouent plus souvent à la maison et occupent leur temps en jouant à des jeux plutôt qu’en écoutant la télévision, comme elles en avaient l’habitude auparavant. Lorsqu’elles vont au parc, leur mère les accompagne comme de coutume, mais elle s’assoit et lit un livre plutôt que de les surveiller en permanence et de craindre pour elles. Les filles se sentent plus libres et autonomes.
  • Pour la mère Amélie : Elle a remplacé la traditionnelle aide aux devoirs avec ses filles par une période de devoirs ludique, c’est-à-dire qu’elle improvise une façon de jouer tout en révisant les notions apprises. Elle a réussi à joindre l’utile à l’agréable, alors qu’avant la période des devoirs était perçue comme une obligation fastidieuse. Pour se faire plaisir, elle a décidé de faire affaire avec un traiteur pour les lunchs de la semaine.
  • Pour le père Sébastien : Il a improvisé une petite pause-café avec sa conjointe. Lui-même ne boit habituellement pas de café, mais il a tout de même eu l’idée de cette activité. Ensemble, ils ont concocté un café qui rejoint le goût d’Amélie et le sien. Amélie était contente que son conjoint prenne ce temps avec elle.
Suivi des bénéfices auprès de la famille quelques semaines après la fin du programme
  • Pour Adam: Il mouille maintenant son lit seulement une fois par semaine. De sa propre initiative, il a commencé à mettre ses draps lui-même dans la laveuse. Il prépare lui-même ses collations de l’après-midi et du soir. Il coopère davantage avec ses parents. Il n’est plus médicamenté le jour, sauf exception.
  • Pour Rose et Sarah : Les filles sont plus calmes. Elles ont une meilleure conscience du monde extérieur et de leur comportement. Elles s’expriment plus souvent et d’une façon mieux adaptée aux circonstances, en prenant exemple sur ma façon de m’exprimer. Elles sont plus responsables et font de meilleurs choix au niveau de la nourriture et des amies.
  • Pour la mère Amélie: Elle se sent moins nerveuse. Elle admet qu’il lui reste du chemin à faire, mais elle apprécie sa nouvelle lancée.

Dans cet exemple, la mère Amélie a agi comme parent pivot pour sa famille.  Elle s’est d’abord réapproprié sa vie de femme, puis sa vie de conjointe et enfin sa vie de mère. Elle a apprivoisé son ego ou « sa petite Amélie ». Grâce aux moments de qualité quotidiens mis à l’agenda familial, elle a pris en charge la restructuration de sa famille. Cette nouvelle façon d’être ensemble a rejailli positivement sur tous les membres de la famille.

Au service de garde

Depuis quelques années, une éducatrice applique les outils de Silence, on s’amuse! dans son service de garde. Beaucoup de parents ont témoigné de l’amélioration du comportement de leurs enfants à la suite de ce changement dans le mode d’intervention. Les enfants

  • sont beaucoup plus calmes et aiment maintenant faire de la méditation
  • passent beaucoup moins de temps devant les écrans
  • vont de moins en moins dans le coin de réflexion
  • ont une imagination débordante
  • ressentent moins d’anxiété
  • sont mieux outillés pour régler les conflits entre amis
  • ont de meilleurs réflexes sociaux et sont plus réceptifs aux conseils et aux consignes.

Comme éducatrice, cette façon d’agir l’inspire et la motive à s’investir davantage. Elle applique ces principes dans sa propre vie. Elle se sent plus confiante et prend mieux soin d’elle qu’avant.

C’est merveilleux de se choisir des moments de la journée pour être la personne la plus importante au monde. C’est, en d’autres mots, se donner de l’amour et ne pas attendre après les autres pour être heureux.

Les bienfaits de cette approche ont des conséquences heureuses durables pour les enfants. À la maison, les consignes sont mieux reçues, l’heure du coucher est moins conflictuelle, les heures de repas sont plus harmonieuses, la communication se fait plus facilement.

À l’école primaire

En appliquant les principes du programme Silence on s’amuse!, une intervenante sociale a pu aider une jeune fille de 10 ans qui se disait victime d’intimidation à son école primaire. Lors de la première rencontre avec la jeune fille, celle-ci a éclaté en sanglots. Simplement en adoptant une posture d’écoute silencieuse, j’ai créé une ouverture suffisante pour qu’elle se sente capable d’exprimer ses émotions en paroles. Ce fut très significatif et bienfaiteur pour elle, car elle en était habituellement incapable. Les rencontres suivantes, je l’incitai à laisser parler son cœur encore et encore. La situation de la jeune fille s’envenima et les parents furent convoqués pour en discuter avec les divers intervenants du milieu. Mettant en pratique l’expression de soi et de ses émotions apprise récemment, la jeune fille trouva en elle les ressources nécessaires pour faire face à la situation. Cette ouverture lui permit de réaliser que ce qu’elle vivait n’était pas de l’intimidation, mais plutôt une souffrance personnelle liée au regard critique des autres sur elle. Appuyée par son entourage, elle a pu apprendre à se dissocier des pensées des autres pour focaliser son esprit sur une perception plus juste d’elle-même.

Apprendre à voir la vie différemment et objectivement apporte une sérénité et la paix dans notre coeur. Apprendre à lâcher prise sur la manière que les autres nous perçoivent, c’est une preuve de maturité de l’esprit.

*Thich Nhat Hanh, Les bienfaits du silence

**Tous les noms utilisés dans l’article sont fictifs

Commenter

Votre adresse courriel ne sera pas communiquée.